TROP DE JAUNE

Pièce en 5 actes d’Emmanuel Fandre
Création

Mise en scène Orianne Moretti
Scénographie Laëtitia Francseschi
Lumières Cynthia Lhopitallier
Costumes Orianne Moretti
Assistante costumes : Laëtitia Franceschi
Son : Clément Atlan

Avec :
Thomas Coumans : Vincent Van Gogh
Laurent Richard : Le père
Malik Faraoun : Docteur Gachet
Xavier Fabre : Paul Gauguin
Edouard Michelon : Trabu/Un journaliste
Francisco Gil : Théo Van Gogh/Poulet
Brigitte Aubry : La mère
Carole Massana : La logeuse
Anne-Lise Maulin : Sien/La Mort/Une Prostituée

Note d’intention

Vincent Van Gogh. Dernières heures. Trop de Jaune.

Le texte de l’auteur Emmanuel Fandre peint et dissèque l’âme d’un artiste telle La Leçon d’anatomie de Rembrandt, version néon. Tableau contemporain de son être intérieur, là où les couleurs et les sons se répondent, là où l’on perçoit la quintessence de son être, de son univers fantasmé qui l’inspire, et de son univers quotidien qui attise son énergie créatrice : les femmes, la nature ou au contraire, qui le consume et le dévore : la cellule familiale, le marché de l’Art…

C’est un texte qui claque et grince dans des éclats de rire cyniques, qui caresse et murmure dans la douceur et l’érotisme pour mettre à nu la place de l’artiste dans notre société. Il crée à lui seul un espace mental et physique, sorte de huis clos, veritable laboratoire de dissection des êtres et c’est autour de Van Gogh nu sur la table, que dans une allégorie d’un jeu de billard, chacun vient régler ses comptes en s’envoyant des boules de couleurs violentes à la gueule. A ce jeu, les personnages qui ont existé en deviennent d’autres, comme les objets qui peuplent les toiles de Van Gogh, apparaissant ou disparaissant au gré du texte, détails petits mais fulgurants tels des jets de peinture.

J’ai choisi de m’entourer d’une équipe qui brise les frontières entre le classique et le contemporain afin de défendre les non-codes et le mélange des genres. Car pour moi, la poésie, comme la violence, naît de la confrontation entre les époques et les univers. Allier le jaune de Van Gogh à celui d’une ampoule électrique, la musique de Haendel à celle de Kraftwerk, c’est naviguer entre le concret et le transcendant car l’un, comme l’autre, est poétique et brutal et caresse ou plaque les choses telles des gifles.

Ce texte nous renvoie aux questions mêmes de l’existence, celles de la vie et de la mort et, en même temps, ouvre sur le rêve et l’imaginaire qui permettent tous les possibles. Il est une réflexion sur le laid et le beau, sur l’inspiration, sur la valeur de l’être et du paraître, sur la matière et l’enveloppe, fragile, vulnérable, sur la chair et la peau. Oui, la postérité aura eu la peau de Van Gogh. A coup sûr.

Orianne Moretti